Patrimoine

Époque de construction : XIIIe siècle
Date de protection aux Monuments Historiques : 16 décembre 1991
Propriété d'une personne privée   

Un peu d'histoire ...

Les ruines de ce qui fut, jusqu’au commencement du XVIIe siècle, l’église paroissiale du Poiré, Notre-Dame-de-Coussay se situent près d’une villa gallo-romaine, en direction de Langon. Elle était, jusqu’à la Révolution, un lieu de rendez-vous pour de nombreux pèlerins. On y entendait une première messe et on revenait célébrer la grande au Poiré. Sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, les jacquets, venant de Talmont et se rendant à Fontenay, faisaient halte au prieuré de Notre-Dame-de-Coussay. Un voile mystérieux entoure l’histoire de cette chapelle qui aurait été bâtie par des marins échappés d’un naufrage.

Quelques beaux éléments architecturaux du XIIIe siècle : ouvertures latérales en arc brisé, modillons, contreforts ont attiré l’attention des Monuments historiques qui ont inscrit ces ruines à leur inventaire.

La chapelle, propriété du clergé, ayant été vendue comme bien national, est devenue propriété privée.

En 1487, c’était la petite chapelle Saint-Nicolas, patron des pêcheurs. Elle ne comprenait alors que le chœur et ne dépassait pas le milieu de l’édifice actuel. À cette époque, la commune portait le nom de paroisse « Notre-Dame de Coussay » église, dont il subsiste encore quelques ruines. Dès le début du XVIIe siècle les offices religieux étaient célébrés dans l’église Saint-Nicolas, que les seigneurs du Chastelier Barlot font agrandir et restaurer en 1654. Leurs armes sont alors sculptées sur chaque clé de voûte. Ce sont eux, probablement, qui commandent le retable de « la nativité », tableau attribué à l’école de Poussin.
Sous la Révolution, l’église devient le « temple des réunions », mais en 1806, utilisant les fonds distribués par Napoléon, la commune fera les réparations nécessaires à la célébration, à nouveau, du culte.
On peut y admirer le retable, classé à l’inventaire des monuments historiques. Au centre du retable, une huile sur toile, représentant la nativité du Christ, vient d’être à nouveau restaurée, restituant ainsi tous les effets de lumière, et les tons éclatants et profonds d’origine.
Également classée, sous le vocable Notre-Dame-de-Bon-secours, une statue de la Vierge portant couronne et manteau fleurdelisé. Elle proviendrait de l’ancienne église Notre-Dame-de-Coussay.
Également, au revers de la façade, un intéressant Christ en bois du XVe siècle, maladroitement repeint au XIXe siècle.

Article de l'Ouest-Éclair, 24 avril 1941

L'église du Poiré-sur-Velluire

Il se dégage de l'église du Poiré-sur-Velluire, comme un charme vieillot, une grâce désuète que l'on analyse sans doute difficilement, mais qui ne vous laisse pas insensible.
Ce n'est certes pas un de ces monuments resplendissants de sculptures images immortelles d'une foi vivace. Ce temple de la chrétienté est un modeste sanctuaire dont l'auvent rustique s'ouvre sur une place plantée de marronniers et de tilleuls. Son clocher n'est nullement vertigineux et ne prétend point à être le plus prés du ciel: L'ensemble de l'édifice. au contraire. a des formes basses comme pour mieux échapper aux coups de vent venus de la mer par dessus le marais. Quelle est son histoire?... Nous empruntons à M. l'abbé Ratier, curé de la paroisse de Poiré-sur-Velluire, ces documents « Au début du XVe siècle. le Poiré n'était qu'un petit village qui comportait surtout deux groupes de maisons ; l'un situé à l'endroit appelé, encore aujourd'hui, la Boissiére et le Pâtis; l'autre, massé prés des douves du Chatelliers. Ces deux groupes d'habitations se trouvaient séparés par un chemin de terre qui. partant du Pontreau, face au château de Velluire, se dirigeait vers Coussay et le Langon.
« Il est probable qu'a cette époque existait déjà une chapelle au Poiré puisqu'un manuscrit du XIVe siècle nous parle d'une Confrérie de Saint-Nicolas établie au Poiré-sur-Velluire qui payait une redevance aux Evêques de Maillezais. Il nous est cependant impossible de savoir si cette chapelle se trouvait à l'emplacement de l'église actuelle, mais ceci nous explique pourquoi la paroisse a été mise sous le patronage de saint Nicolas.
« A la fin du XVe siècle et au début du siècle suivant, la chapelle existait au lieu et place de l'église. C'était un bâtiment rectangulaire qui comprenait le chœur et qui ne devait pas dépasser le milieu de l'édifice actuel. Peut-être même cette chapelle n'allait-elle guère plus loin que le pilier où se trouve maintenant la chaire? C'était donc une toute petite chapelle. ; sans bas-côtés, chapelle de dévotion, mais non pas église paroissiale, puisque l'église de la paroisse était, à cette époque. celle de Coussay.
« C'est vers la fin du XVIe siècle, alors que le Poiré grossissait sans cesse aux dépens de Coussay, que l'on songea a établir un service religieux régulier dans la chapelle Saint-Nicolas du Poiré. Il fallut alors agrandir le bâtiment et prolonger la vieille chapelle jusqu'au clocher qui. très probablement, date de cette époque.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, la chapelle du Poiré devint définitivement église paroissiale. Un prêtre, l'abbé Boileau, en fut le premier curé (1632 à 1664). Ce fut lui qui, aidé de Messire Bertrand Barlot, seigneur du Châtelliers, fit reconstruire les voûtes du chœur où il a inscrit son nom, en même temps qu'on gravait aux deux clefs de voûtes les écussons des Châtelliers-Barlot. Le même abbé Boileau fit placer, dans le chœur, le beau retable qu'on y voit encore et au milieu de ce retable, le tableau de la Nativité, que l'on attribue au pinceau d'un élève de Poussin. La construction des deux chapelles latérales permit, vraisemblablement à la même époque, un nouvel agrandissement; on les relia à la nef du milieu, en perçant, de chaque côté, trois grandes baies dans les murs primitifs qui furent soutenus, eux-mêmes, par quatre gros piliers. Les chapelles, à l'intérieur, paraissent les plus anciennes parce que les voûtes et les murs n'ont pas été restaurés. En réalité, elles sont les parties les plus récentes de l'église. L'effet produit par ces chapelles est des plus heureux : il ne parait nullement qu'elles aient été surajoutées au bâtiment central; avec les majestueux piliers qui les séparent de la nef du milieu, elles semblent un prolongement naturel de celle-ci. »

 

Éléments protégés MH :    élévation et toiture
Époque de construction : XVe siècle, XVIe siècle et XVIIe siècle
Date protection aux Monuments Historiques : 23 septembre 1977
Propriété d'une personne privée    

Un peu d'histoire ...

Château d’origine féodale, il est reconstruit en 1593, « au goût du jour », par Jehan MORISSON, architecte du château de Terre-Neuve à Fontenay.
De cette construction, commandée par Antoine BARLOT, il ne restait pratiquement plus que deux tours. La tour du donjon est actuellement restaurée, le reste du château en cours de restauration.
Les BARLOT, seigneurs de la Tremblaye, font souche au Chastelier au début du XVe siècle. Le plus important de leurs descendants est, sans aucun doute, Léon. Il naît au Poiré en 1582. À 12 ans il prend le parti des armes. Dès 15 ans il est l’un des sept gentilshommes les plus distingués nommés chefs de la Province. Après avoir servi sous Henri IV il obtient de lever un régiment pour le dauphin. Il servira tout aussi fidèlement et courageusement Louis XIII. Il consacre les dernières années de sa vie à rédiger ses mémoires « pour servir l’histoire ».
Son fils, René, fait effectuer la restauration de l’église Saint-Nicolas du Poiré, s’associe aux dessécheurs des marais : il achète et emprunte à ces fins.
Son seul descendant, Armand, né en 1650, Chevalier de Malte en 1677 après avoir assisté, impuissant, à la liquidation de tous ses biens. En effet, en 1694, trois ans après la mort de René, le château et les terres sont adjugées à Jean de CREIL, marquis de Creil Bournezeau. Sous la Révolution, le domaine est vendu morcelé, comme bien d’émigré.
En 1888, le château est transformé en laiterie-fromagerie. Des habitants de la commune et des villages y seront employés et la majorité des éleveurs y livre le lait de leurs vaches. Cette laiterie-fromagerie sera mise en liquidation en 1930.